Le tableau
du Tibet
Cinquante ans
sans peindre.
Le point de départ de cette œuvre est aussi celui d’un recommencement. Lorsque Jean Vallon entreprend le voyage qui le conduira jusqu’au Tibet, voilà près de cinquante ans qu’il n’a plus véritablement touché à la peinture.
Pendant ce demi-siècle, les voyages n’ont pourtant pas manqué. Jean évoque notamment le Maroc, ses paysages, ses couleurs, autant d’univers qui auraient pu appeler le pinceau. Mais la peinture était restée derrière lui.
Il faudra une rencontre, puis un voyage beaucoup plus lointain, pour que quelque chose se réveille.
« Cinquante ans, un demi-siècle, que je n’avais pas retouché peinture, pinceau et tout ça. » Jean Vallon
Des Alpes
au Tibet.
L’histoire commence dans les Alpes. Jean et Laurence suivent pendant une partie de leur parcours des Tibétains venus spécialement pour faire connaître leur situation et expliquer les difficultés auxquelles leur peuple est confronté.
Cette première rencontre laisse une trace. L’année suivante, Laurence prépare un nouveau voyage. Cette fois, Jean et elle vont partir à la découverte du Tibet.
Jean souhaite toutefois commencer par un lieu auquel il est personnellement attaché : la Grande Muraille de Chine. Sportif, il l’avait déjà parcourue à deux reprises dans le cadre d’épreuves comprenant de longues distances.
De là commence une traversée qui va progressivement devenir le récit de son futur tableau.
Une traversée devenue récit.
Une première rencontre avec des Tibétains venus témoigner de la situation de leur peuple.
La Grande Muraille, que Jean tenait à retrouver avant de poursuivre le voyage.
Les villages, les rencontres, les paysages et une réalité qui marque profondément Jean et Laurence.
La montagne sacrée devient le point d’aboutissement du voyage et de la composition.
Ce que Jean
a vu.
Dans les villages traversés, Jean et Laurence sont frappés par les transformations qu’ils observent. Jean se souvient de rues anciennes conservées tandis qu’autour apparaissaient hôtels, bâtiments administratifs et constructions en béton.
Ils ont alors le sentiment d’assister à la disparition progressive d’un mode de vie et d’un patrimoine.
Jean raconte également avoir été témoin de tensions entre militaires chinois et moines tibétains. Il évoque des contrôles, des moments difficiles et notamment un épisode au cours duquel un officier tente de lui prendre sa caméra.
Avec leur guide, ils doivent aussi se dissimuler pour observer le passage d’une longue file de camions transportant des minerais. Autant d’images qui s’ajoutent aux paysages et aux rencontres et qui marqueront durablement sa mémoire.
Tout là-haut,
la montagne sacrée.
Au fil du voyage, une destination prend une importance particulière : le mont Kailash, dans l’ouest du Tibet.
Montagne sacrée pour plusieurs traditions religieuses, notamment le bouddhisme tibétain et l’hindouisme, le Kailash devient pour Jean le point d’aboutissement de toute cette traversée.
C’est aussi ainsi qu’il conçoit son tableau : non comme la représentation d’un seul paysage, mais comme un trajet. La Chine, la traversée du Tibet, les villages, les hommes, les événements vécus et, au terme du chemin, le mont Kailash.
Le voyage derrière la toile.
environ 2 à 2 h 30 par jour
Transformer le voyage en peinture.
De retour, Jean reprend ses pinceaux.
Mais faire entrer une telle expérience dans une seule œuvre n’a rien d’évident. Il ne s’agit pas simplement de reproduire un paysage : il faut réunir des lieux, des souvenirs, des rencontres, des événements et des émotions.
Le tableau lui demandera près d’une année de travail, à raison d’environ deux heures à deux heures et demie par jour.
Une création difficile, selon ses propres mots, mais qui marque surtout un tournant : après près d’un demi-siècle, Jean Vallon est revenu à la peinture.
Le tableau qui a tout recommencé.
Cette œuvre raconte le Tibet, mais elle raconte aussi Jean Vallon. Un voyage, des rencontres et le besoin, revenu après cinquante ans, de transformer ce qui a été vécu en peinture.